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Québec/Canada : L'urgence de "l'infonuagique souverain” que nous ne pouvons plus ignorer

Dernière mise à jour : il y a 12 heures

Par Paul Allard, Florian Strich et Claude Coulombe, PhD.

Co-fondateurs de Persévère Conseils Inc.

3 février 2026





Pendant que le Canada débat et s'embourbe dans les tarifs douaniers et les corridors commerciaux, une panique silencieuse s'empare de l'Élysée à Paris. Selon des rapports explosifs publiés cette semaine par la presse française (Enquête souveraineté numérique de La Tribune), la France fait enfin face à une réalité terrifiante : les États-Unis pourraient provoquer un “blackout” numérique.


L'enquête détaille un scénario autrefois jugé impossible : un « scénario à la Huawei » appliqué aux géants du Cloud américain. Elle cite des précédents récents où même des juges internationaux de La Haye ont vu leurs comptes personnels Microsoft et Google gelés par des sanctions américaines.


Le message venu d'Europe est clair : être un allié ne vous protège pas de l'extraterritorialité américaine.


Si la France — puissance nucléaire, membre du G7 et pilier de l'UE — réévalue frénétiquement sa dépendance à AWS, Google et Azure, pourquoi le Canada et le Québec continuent-ils de garder la tête dans le sable ?


Le « scénario Huawei » : cela peut arriver ici


L'enquête française met en lumière une vulnérabilité critique : 71 % du marché français de l'infonuagique est détenu par le « Big Three » américain. Au Canada, ce chiffre est probablement encore plus élevé.


Nous opérons sous l'hypothèse naïve que la relation canado-américaine est indestructible. Mais comme l'a récemment averti Mark Carney, « l'ordre fondé sur des règles » s'efface. Nous sommes entrés dans une ère de pouvoir transactionnel. Si une future administration américaine décide d'utiliser sa domination technologique pour forcer des concessions sur le bois d'œuvre, la gestion de l'offre laitière ou la souveraineté de l'Arctique, elle n'aura pas besoin d'envoyer un porte-avions. Il lui suffira de restreindre l'accès à l'infrastructure infonuagique qui fait tourner nos banques, nos hôpitaux et nos agences gouvernementales.


Comme le note le rapport français : « La perspective d'une interruption de service... est considérée avec de plus en plus de sérieux. »


Le piège du « sovereignty-washing » 1 : les leçons de la manœuvre d'AWS


La deuxième grande leçon venue d'Europe concerne l'illusion de sécurité.


Pour apaiser les craintes européennes, Amazon Web Services (AWS) vient de lancer un « Cloud souverain européen », basé en Allemagne, doté d'un personnel européen et dirigé par l'ancien PDG d'Arianespace, Stéphane Israël. C'est un coup de maître en matière de relations publiques.


Mais soyons clairs : c'est un piège.


Les experts français préviennent que malgré « l'autonomie opérationnelle », la propriété ultime reste américaine. Par conséquent, le CLOUD Act américain et la loi FISA 702 s'appliquent toujours. De ce fait, une décision de justice américaine pourrait obliger la maison-mère à transférer des données situées à Berlin — ou même à Montréal.


Le Canada et le Québec ne doivent pas tomber dans le panneau du « sovereignty-washing ». Ce n'est pas parce qu'un hyperscaler ouvre une région « Est du Canada », embauche un ancien cadre de RIM ou de CGI et appose une feuille d'érable sur son tableau de bord que vos données sont souveraines.


La physique bat le droit. Si leur siège social est à Seattle ou Redmond, ils possèdent vos données.


Québec : l'opportunité de « Données-Québec » supportant une IA souveraine


Ce signal d'alarme est une occasion massive pour le Québec.


Le Québec a toujours compris la valeur de la souveraineté en matière d'énergie et de culture. Nous avons bâti Hydro-Québec pour ne pas dépendre de l'énergie étrangère. Nous avons adopté la Loi 25 pour protéger la vie privée de nos citoyens.


Pourtant, nous expédions actuellement notre ressource la plus précieuse — nos données — au sud de la frontière pour qu'elles soient traitées par des modèles d'IA propriétaires.


Nous avons besoin d'un « Données-Québec » supportant une IA souveraine.


Le rapport français souligne que des champions locaux comme OVHcloud et Scaleway sont des atouts stratégiques vitaux. Le Québec et le Canada ont le talent et l'énergie pour bâtir la même chose. Nous devons cesser de subventionner les hyperscalers étrangers et commencer à nous approvisionner auprès d'infrastructures souveraines et Open Source, situées ici, détenues ici, et soumises uniquement aux lois canadiennes et québécoises.


La feuille de route : de locataires à propriétaires


Pour éviter de devenir une colonie numérique, les dirigeants canadiens et québécois doivent adopter une nouvelle doctrine pour 2026 :

  1. Rejeter le récit du « Cloud de confiance » : L'autonomie opérationnelle est insuffisante sans immunité juridique. Si la société mère est basée aux États-Unis, le risque demeure ENTIER.

  2. Imposer l’open Source pour l'IA gouvernementale : L'argent public ne doit pas servir à acheter des « boîtes noires » logicielles qui nourrissent la propriété intellectuelle étrangère. Nous devons bâtir sur des modèles à ouverts (comme les dérivés de Llama ou Mistral) hébergés sur du matériel souverain.

  3. Bâtir une capacité domestique : Nous ne pouvons pas compter sur la « bonne volonté » d'un voisin qui, comme la politique récente l'a montré, peut être imprévisible.


Conclusion


La France a réalisé que sa maison numérique est construite sur un terrain loué, et que le propriétaire devient imprévisible. Le Canada et le Québec vivent dans la même maison. L'affiche à la fenêtre dit « Partenaire stratégique », mais la réalité est « Assisté numérique ».

Il est temps d'enlever l'affiche. Il est temps de construire notre propre forteresse.


Car lorsque les frontières numériques se ferment, le seul nuage (cloud) en qui vous pouvez avoir confiance est celui que vous possédez.


Vos avis et vos actions sont cruciaux. Partagez vos perspectives dans les commentaires et rejoignez le débat !



sources:



Avertissement : L'IA a contribué à la rédaction de cet article, mais il a été encadré, révisé et vérifié factuellement par les experts humains de Persevere Consulting. Veuillez noter que le contenu et le matériel fournis dans cet article sont à titre d'information générale uniquement. Il ne constitue en aucun cas un conseil juridique ou de gestion et ne saurait être invoqué à ce titre, et ne doit pas être utilisé à des fins professionnelles ou commerciales. Cet article vise à communiquer des informations générales pertinentes en matière de productivité durable, d'IA durable et souveraine, ainsi que de gouvernance des données, à la date indiquée. Le contenu est sujet à modification compte tenu d'un environnement en constante évolution.

 
 
 

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